vendredi 1 juin 2007

Sahara occidental : Pour le succès des négociations, le Polisario doit changer ses préalables

Les négociations entre les parties du dossier du Sahara occidental devront débuter en juin, conformément aux dispositions de la résolution1754 du Conseil de sécurité. Le quel Conseil de sécurité avait recommandé au secrétaire général des Nations Unies de lui présenter un rapport d’étape, fin juin pour rendre compte de l’état d’avancement des négociations.

Les protagonistes ont pris un certain retard sur ce calendrier. L’élan d’enthousiasme constaté à travers la rapidité avec laquelle les émissaires des Nations Unies ont entamé les préparations des négociations a été quelques peu refroidi par les réactions à Alger et à Tindouf au contenu de la résolution.


Concernant la réaction marocaine, le Royaume a constaté que la résolution du Conseil de sécurité a appuyé sa démarche en mettant l’accent sur l’initiative marocaine pour la négociation sur le statut d’autonomie au Sahara. Un constat d’autant plus objectif qu’il est fondé sur le propos explicite de la résolution onusienne, qui considère que les négociations doivent prendre en compte les développement survenus ces derniers mois. Une formule qui suggère que le plan d’autonomie préconisé par le Maroc doit être un élément de base aux futures discussions.

Le Maroc tout en relevant les aspects qui lui sont favorables dans la résolution, va aux négociations sans conditions préalables, ni désir d’imposer des exigences à l’autre partie.


Le Polisario et la diplomatie algérienne font aussi étalage de leur satisfaction de cette fameuse résolution. Ils notent sa référence à l’autodétermination et le fait qu’elle ne dit pas de manière explicite que le plan marocain doit être la solution finale de la crise du Sahara occidental.


Mais en la matière ces deux parties pêchent par excès de zèle sur deux point au moins.

D’abord, et comme cela a toujours été le cas dans la bouche des responsables algérien et du Polisario, l’autodétermination est entendu pour Alger et les amis de Mohamed Abdelaziz, dans un sens celui de l’indépendance. Ils ont décidé et ceci depuis longtemps que cette autodétermination a un synonyme et un seul : l’indépendance.

D’autre part ils portent un regard particulièrement exclusif et complètement biaisé sur le langage diplomatique en court aux Nations Unies. Les documents des Nations Unies ne peuvent être explicites et crues que quand il s’agit d’ultimatums.

Dans une situation où une négociation future est programmé l’ONU ne va pas donc être explicitement définitive dans ses résolutions. Si par exemple, elle devait dire l’autonomie sera la solution à l’imbroglio du dossier du Sahara occidental, pourquoi alors devrait-on négocier ?


En réalité, les arguments utilisés par le Polisario et la diplomatie algérienne pour se rassurer quand aux bonnes dispositions à leur égard, ne sont utiles que pour permettre ce qui suit le triomphalisme dont ils ont fait preuve après le vote du conseil de sécurité. C’est pour mieux botter en touche toute la démarche censée suivre l’adoption de la résolution à savoir la préparation du dialogue et surtout pour éviter le fait de se présenter aux pourparlers sans conditions préalables.


D’ailleurs on peut voir la différence de démarche à l’état d’esprits avec le quel chacun conçoit les futures négociations, du moins, au lendemain de l’adoption de la résolution 1754.


Tandis que le Maroc en étant satisfait de la position onusienne, déclare vouloir aller aux négociation dans les conditions définies par les Nations Unies : à savoir ne pas poser de préalables à la négociation, le Polisario et Alger ont multiplié les déclarations fracassantes sur le soi disant échec retentissant de la diplomatie marocaine et le triomphe d’un prétendu soulèvement dans les « territoires occupés » du Sahara occidental.


Ils ont par ailleurs accentué l’usage qui a toujours eu cour de leur part, de l’arme de la désinformation. En la matière, la liste est très longue, mais on peut se limiter aux seuls aspects qui constituent une entrave à la mise en place d’une ambiance sereine pour entamer la négociation et dont l’abandon constituerait une sérieuse avancé pour entamer une négociation sérieuse.


La première des contre vérité que le Polisario martèle en permanence est que le dossier du Sahara occidental est une question de décolonisation contrarié, ou qui aurait été mise en échec par le « colonialisme » du Maroc. Il n’en est rien, puisque le processus de décolonisation est allé jusqu’au bout et a été réglé entre les deux parties qui était en droit de s’en occuper.

Il y a d’abord l’autorité coloniale à savoir le Royaume d’Espagne qui administrait le territoire du Sahara occidental. Et cette autorité savait pour l’avoir constaté sur le terrain depuis le début de sa colonisation de parties importantes du territoire marocain, notamment le Sahara occidental en 1884, que cette région faisait partie intégrante du Royaume du Maroc.


Il y a d’autre part, le Royaume du Maroc qui n’a jamais cessé de revendiquer le retour de toutes ses régions à la Nation marocaine. Ainsi pour le Sahara occidental et dès son accession à l’indépendance en 1956, sur une partie de son territoire, le Maroc n’a pas cessé de revendiquer le droit de parachever son intégrité territoriale.

La demande marocaine de rétrocession du Sahara occidental par l’Espagne, et son retour au giron national a été permanente depuis 1956. Dès l’aube de l’indépendance la volonté marocaine de récupérer sa partie sud s’est affirmée notamment dans toutes les manifestations publiques.


On peut rappeler à cet égard le propos de feu Mohammed V, le 25 février 1958 à Mhamid Elghazlan : « Nous proclamons solennellement que nous poursuivrons notre action pour le retour de notre Sahara dans le cadre du respect de nos droits historiques et conformément à la volonté de ses habitons ».

Il n’est pas nécessaire de détailler ce point (pour cette partie historique voir : www.sahara-online.net). L’essentiel est de dire que la partie directement concernée par la décolonisation du Sahara occidental, le Maroc a entreprit les démarches nécessaires, en demandant l’inscription de cette question à la commission de décolonisation des Nations Unies.

En 1975 ce processus a connu son aboutissement final et le Royaume du Maroc a récupéré sa partie sud conformément au processus qui avait eu cour avec l’Espagne depuis le début de sa décolonisation. Une étape nouvelle d’un processus long et qui s’est fait par étape dont celle qui avait précédé la Saguia El Hamra et Oued Eddahab (Sahara occidental), en 1969 avec la récupération de Sidi Ifni.

La décolonisation est donc terminée du moins en ce qui concerne le Sahara occidental en 1975.


Le second élément de désinformation que la direction du Polisario a toujours utilisé comme argument est la confusion faite par ses soins et ceux de la diplomatie algérienne, entre le concept d’autodétermination et son objectif séparatiste d’indépendance. Cette confusion préméditée a été nourrit et pérennisée par Mohamed Abdelaziz et ses amis durant la période de plus de 31 ans pendant la quelle il a dirigé sans partage aux destinées de son organisation politico-militaire.


Personne parmi les principaux acteurs internationaux y compris au sein des Nations Unies n’est dupe de cette supercherie. Van Walsum, le représentant spécial du secrétaire général des Nations Unies l’a encore rappelé ces dernières semaines : « l’autodétermination n’est pas synonyme d’indépendance ».


C’est dire à quel point la confusion faite par le Polisario depuis des décennies est problématique. Or si le monde devait accepter le maintien de cette confusion ou plutôt manœuvre comme une vérité tel que semble le revendiquer de manière continue le Polisario et Alger, pourquoi donc devrait-on alors négocier ?



Le troisième élément est celui de la représentativité des Sahraouis. A force de se prendre véritablement pour une sorte de FLN du Sahara et de manœuvrer dans le giron de la diplomatie algérienne le Polisario a intégré comme une vérité historique ce qui n’était et n’est toujours qu’un discours idéologique et un élément de marketing dans son action. Il s’agit en l’occurrence de sa revendication d’être le représentant unique et légitime des Sahraouis.


Le fait est que le Polisario ne peut pas justifier cette ambition aussi bien sur le plan quantitatif que qualitatif, pas plus d’ailleurs qu’en comparaison avec les précédent historiques dont la direction revendique l’héritage, à savoir les mouvements de libération nationale que le tiers monde a connu pendant toute la période de décolonisation.


Sur le plan quantitatif d’abord, les locataires du camps de Rabouny à ne peuvent au maximum, parler qu’au nom des populations qui se trouvent dans les camps de Tindouf. Et encore la présence de ces populations dans ce no man’s land est à l’origine sujet à caution.


Des soupçons lourds de manipulations ayant permis de piéger pour une quasi déportation, ces gens, pèsent sur l’action qui a mené ces gens là à s’échouer dans des camps préparé de longue date et bien avant le déclenchement du problème en 1975.
Mais même en admettant que ces populations s’étaient déplacé à cause de la confusion qui a accompagné le départ de l’autorité coloniale, il n’existe au jour d’aujourd’hui aucune statistique officielle sur le nombre de ces populations.


Le Front Polisario et les autorités algériennes n’ont jamais permis au Haut commissariat aux réfugiés de faire son travail de recensement, tel qu’il l’a fait pour tous les autres réfugiés à travers la planète. Tout ce qui est disponible est une projection et des estimations, pour l’observateur objectif et impartial. Cette estimation est la seule donnée fiable. Elle indique qu’un peu moins que le tiers de la population du Sahara occidental a été emmené dans les camps.


Mais depuis 1975, beaucoup de choses ont changé et surtout l’enlisement de ce dossier du Sahara occidental a fait perdre au camps de Tindouf une partie de leur occupants. Une partie de ces populations est tout simplement retourné chez elle au Maroc. C’est le cas de ceux qui ont pu en avoir la possibilité.


Une autre partie a choisie l’installation dans les pays du voisinage, l’Espagne, la Mauritanie…
Mais, pour la question de la représentativité il y a aussi, le fait que plus des deux tiers des populations du Sahara occidental sont restées chez eux et sont favorable à leur pays le Royaume du Maroc.


La question de la représentativité n’est cependant pas qu’une question de nombre. Elle dépend aussi de la qualité qu’on donne à la structure qui prétend être représentative. Prenant par exemple les Palestiniens que le Polisario invoque à tout bout de champs, leur organisation l’OLP, est représentative, parce que la majorité écrasante des Palestiniens s’en réclame. Mais c’est aussi parce qu’elle intègre toutes les sensibilités de la volonté populaire palestinienne que l’OLP est représentative.


Le Polisario, organisation politico-militaire née dans les conditions de la guerre froide et de ce fait, à direction monolithique, idéologie unique. Sa direction n’a jamais autorisé ni le pluralisme des points de vue, ni l’existence d’une opposition, pas plus qu’elle n’a jamais permis la critique dans les camps.


Mais, en plus des problèmes intrinsèques au Polisario, il y a aussi le fait que les Sahraouis, en tout cas cette majorité de plus des 2/3 qui est favorable à l’intégrité du Maroc qui dispose de ses représentant. Ils sont regroupé au sein du Corcas (voir : www.corcas.com).


Et cette institution outre le fait qu’elle prend en considération la composition tribale, la répartition des générations et le rapport femmes et hommes, a été mise en place dans des conditions largement plus sereine que l’ont été celle de la constitution du Polisario. Mieux encore en matière de démocratie le Corcas fonctionne dans des conditions de pluralisme et d’expression libre des sensibilités des Sahraouis que ne connaissent pas les structures du Polisario.


Ce sont là les principaux arguments que la direction du Polisario met en avant pour maintenir le statu quo qui a marqué le dossier du Sahara occidental.


Aujourd’hui la communauté internationale a affirmé de manière appuyée sa volonté de voir se régler le plus rapidement possible ce dossier en souffrance depuis trop longtemps. C’est pour cela que la résolution 1754 a mis le point dans son appel à la négociation sur le fait que les parties ne doivent pas poser de conditions préalables au dialogue.


Le Royaume du Maroc a affirmé sa volonté de contribuer à cette négociation conformément au souhait des Nations Unies et à la légalité internationale. L’Initiative marocaine pour la négociation d’un statut d’autonomie est l’expression justement de la manifestation de bonne foi et de l’engagement total du Maroc en faveur du règlement de ce dossier.


Le Polisario devrait aussi faire de même en mettant de côté les préalables qui ont toujours été la source du blocage. C’est cela le gage et le signe indispensable pour montrer affirmer le désir de voir se régler ce dossier et se terminer le calvaire des populations qui souffre depuis près de 32 ans dans les camps de Tindouf