mardi 5 juin 2007

La désinformation et les mensonges du Polisario

Une missive de l’un des amis du Polisario renie l’affaire de l’arrestation de deux journalistes australiens dans les camps du Polisario à Tindouf et leur expulsion par Alger.
La missive dit que l’information selon laquelle deux journalistes australiens ont été détenus par le Polisario et expulsé par les autorités algériennes, est fausse. Sa preuve est une dépêche d’Australian Associated Press, qui soi disant apporte un démenti.


Déjà la lecture du soi disant démenti confirme l’information. Constatez plutôt ce morceau d’article, qui ferait rire même l’amateur qui n’a jamais fait la presse. C’est digne d’un sketch du plus rigolo des one man show.


Lisez plutôt ! Ainsi un soi disant producteur des deux journalistes aurait démenti les informations diffusées par la presse. Les reporters Daniel Fallshow et Violeta Ayala n’ont pas été kidnappés par les services de sécurité du Polisario. Ils n’ont même pas été retenus contre leur grès.

Là déjà on est en plein délire. D’abord personne n’a dit que ces deux personnes ont été kidnappées. Dans la mesure où ils étaient dans les camps dirigés par le Polisario, il s’agissait de détention. Mais même cela est selon le soi disant article de AP, n’a pas eu lieu.

Plus loin l’article indique que l’ambassade d’Australie à Paris a manifesté de vigoureuses protestations pour permettre l’élargissement des deux journalistes. Et dans cette même phrase l’auteur nous dit que ces deux journalistes avaient visité le Maroc auparavant.

On ne voit pas ce que vient faire une visite du Maroc ici, mais surtout on constate que l’auteur a peut être oublié que dans le paragraphe précédent il avait nié la détention des deux journalistes par le Polisario. Et parle des protestations de l’ambassade australienne. Pourquoi cette dernière aurait protesté alors si ses deux ressortissants n’ont pas été détenus par le Polisario ?

Alors résumons le mic-mac de cette salade de nos amis du Polisario. Si on a bien compris ces gens du Polisario et les petits flics d’Alger qui ne manipulent jamais et ne mentent pas plus, l’histoire s’est passée de la façon suivante :

Daniel Fallshow et Violeta Ayala deux reporters australiens découvrant dans les camps du Polisario la pratique de l’esclavage ont eu une dépression nerveuse et se sont donc mis en prison tout seul !

Après le constat de leur disparition, les protestations de Reporter sans frontière et de l’ambassade d’Australie à Paris ont donc poussé Mohamed Abdelaziz et ses gentils flics à chercher ces deux journalistes !

Ils les ont donc découvert dans leur gentille prison de Rabouny, en train de prendre le frais ! Ils les ont donc conduit en 4x4, avec beaucoup de délicatesse chez les autres gentils, en l’occurrence les gendarmes algériens ! Ces dernier, à leur tour les ont gentiment expulsé vers Paris, après les avoir tendrement questionné pendant près de 5 heures !


Dans cette histoire il n’y a, selon la version de cette dépêche, que deux méchants. Le Maroc dont l’agence de presse a rapporté l’information après sa diffusion par toutes les agences de presse du monde et les deux journalistes qui s’occupent de choses qui ne les regardent pas, en l’occurrence les souffrances d’une famille sahraouie soumise à l’esclavage dans les camps du Polisario à Tindouf.

Dans cette histoire c’est l’agence de presse qui devrait s’inquiéter car si tous ses journalistes traitent l’information de cette manière, ce sera la faillite assurée.

Mais, en réalité je ne pense pas qu’il s’agit d’une dépêche d’agence de presse. C’est plutôt un texte dont une partie était une partie d’une dépêche d’agence dont la manipulation a été plutôt ratée par les spécialistes de la désinformation du Polisario et d’Alger.

Cette affaire de détention et d’expulsion des deux journalistes australiens qui ont d’ailleurs, fait l’objet d’un communiqué de Reporter sans frontière, montre à quel point peut aller la manipulation du Polisario et surtout, la vraie nature de cette organisation politico-militaire, vestige de l’époque de la guerre froide. (A propos de l’histoire du Polisario et de la crise du Sahara occidental, voir : www.sahara-online.net).



Pour le reste la très grande inquiétude doit plutôt concerner les populations sahraouies qui se trouvent à Tindouf dans une situation de black out total, sans témoin. Et à cet égard je peux répéter ce qui a déjà été dit.

Entre l’absence d’images sur ce qui se passe dans les camps de Tindouf montre et la transparence de la situation dans le Sahara occidental sous la souveraineté marocaine, se situe la différence entre un Etat démocratique le Royaume du Maroc et une organisation qui fonctionne à la mode stalinienne, avec direction unique, idéologie unique et sans aucune marge de liberté pour les dissidents ou opposant.

Un dernier point, cette histoire de territoire libéré est une autre dimension de la manipulation que pratique la direction du Polisario et Alger.


Il n’existe pas de territoire libéré. La bande de terre sur laquelle Mohamed Abdelaziz fait défiler ses troupes chétives, est tout simplement une bande de terre de quelques centaines de mètres décrétée comme zone tampon au lendemain de l’accord de 1991.

Personne n’a le droit d’y mettre le moindre petit uniforme ou la plus inoffensives des armes, sous peine de se voir sanctionner. En principe les Nation Unies doivent empêcher le Polisario d’y avoir une présence quelconque. Une protestation a d’ailleurs été formulée à ce propos par le Royaume du Maroc auprès des Nations Unies.