jeudi 7 juin 2007

Sahara occidental: l’autonomie une chance pour sortir de l’impasse

Le lancement de négociations politique, exigé par la résolution 1754 votée par le conseil de sécurité au mois d’avril est une chance pour le déblocage du dossier du Sahara occidental, en souffrance depuis plus de trois décennies.

Mais si le blocage et la situation d’impasse sont avéré dans cette affaire, ce n’est faute d’un quelconque abandon de la part de l’instance onusienne ou même du Royaume du Maroc.

Ce dernier pouvait en effet se détourner complètement des débats sur cette crise dans la mesure où il a récupéré sa région du sud dans le cadre du processus de décolonisation après rétrocession par le Royaume d’Espagne, l’autorité colonisatrice, du Sahara conformément aux même procédures qui ont permis au Maroc de récupérer les autres parties de son territoire sur une période de près d’une vingtaine d’années. (Pour cette partie historique voir le portail : www.sahara-online.net).

Mais la situation humanitaire de quelques milliers de citoyens marocains bloqués par des considération géopolitiques régionales datant de l’époque de la défunte guerre froide, dans des conditions de misère, dans les camps de Tindouf, était, est toujours inacceptable pour l’ensemble de la Nation marocaine.

La quête du Maroc est aussi justifié par l’attachement à la levée de toute ambiguïté suscité par les manœuvres du voisin algérien et du Front Polisario, dans le règlement de la crise politique régionale que ces deux parties ont suscité et nourrit pendant les 30 dernières années.

Mais avec toute la bonne volonté du monde les Nations Unies n’ont pas encore pu régler le différend à cause de l’intransigeance dont a fait preuve la direction du Polisario et son mentor le régime algérien, face à toutes les solutions proposés par la communauté internationale.
Le Maroc fort de la justesse de sa cause et de la légalité qui est de son côté, a montré de la souplesse dans ses positions sans bien entendu, céder sur ce qui constitue l’essentiel à savoir son intégrité territoriale.

Au niveau légal et sans rappeler que le Royaume du Maroc a dès le début du processus de décolonisation revendiqué le Sahara occidental et a inscrit cette question à la commission de décolonisation, on peut rappeler que la cour internationale de justice a indiqué dans son arrêté de 1975 que le Sahara occidental était lié au Royaume du Maroc par les liens d’allégeance aux Sultans et que ces liens et cet attachement de ces tribus au Maroc était reconnu par les autres pays.

Sur un autre plan les Sahraouis dans leur majorité écrasante, soit plus des 2/3, sont resté chez eux au Sahara est sont favorable à l’intégrité territoriale de leur pays le Maroc.
En matière de représentativité, cette majorité du peuple sahraoui, dispose de représentants au sein du Corcas, le conseil mis en place par Sa Majesté le roi Mohammed VI, et qui tient compte dans sa composition de la représentation des tribus, des générations et de la représentation des femmes et des hommes (voir à ce propos : www.corcas.com).

En matière de représentativité, le Polisario ne peut d’ailleurs se réclamer que des populations qui se trouvent dans les camps de Tindouf, à savoir moins du 1/3 de la population totale Et ceci avec une certaine nuance qui est celle de l’absence de toute marge de manœuvre ou de liberté d’expression chez les populations des camps.

Le Polisario est une organisation politico-militaire, à idéologie uniforme, à direction unique qui est d’ailleurs en place depuis le déluge (1976). Un record même pour les pays totalitaires, puisque Mohamed Abdelaziz, le secrétaire général du Polisario, et président de la RASD (République arabe sahraoui démocratique), qui n’a aucune base légale, ni reconnaissance de l’ONU, occupe son poste depuis 31 ans.

Alors les populations de Tindouf n’ont ni la possibilité de critiquer les choix que fait la direction, ni de organiser la libre expression des sensibilités qui doivent exister comme c’est le cas dans tout mouvement qui se réclame du combat pour la liberté.

Le seul choix qui existe et il est risqué c’est de tenter de quitter les camps. Et c’est ce qu’ont fait durant les trois décennies précédentes de nombreuses personnes. Environ 10000 d’entre eux ont réintégré leur pays le Maroc qu’ils ont été amenés à quitter dans des conditions plus que douteuses. D’autres sont allé constituer une importante diaspora dans les pays autour en Mauritanie, Espagne et même plus loin.

L’omnipotence et la chape de plomb que fait peser la direction du Polisario augmentent le désespoir des populations. Cela dénote avec la situation de liberté qui est réelle au Sahara occidental sous la souveraineté marocaine.

Même les quelques activistes pro Polisario qui s’active au Sahara profitent de cette situation de liberté qui leur permet de se déplacer librement, y compris d’aller prêcher les thèses du Polisario dans d’autres pays. La seul restriction qui existe et elle a cours dans tous les pays démocratique concerne les actes de violence, qui donnent lieu à la mise en action de procédures judiciaires.

Le Polisario ne peut pas prétendre assurer une telle libéralité, pas plus d’ailleurs que son parrain le pouvoir algérien.

La majorité écrasante des Sahraouis s’oppose à cet activisme. Et l’exemple le plus récent à cet égard est la manifestation que les Sahraouis ont organisé fin mai en portant les drapeaux marocains et en scandant des slogans en faveur de l’intégrité du Royaume du Maroc à El ayoun, en réponse aux célébration que le Polisario se préparait à organiser dans la zone tampon, à Mijek, en toute illégalité pour fêter sa fondation.

Les quelques activistes qui ont voulu se manifester dans la capitale des régions du sud ont rapidement plié bagage face à cette manifestation expressive des Sahraouis en faveur de l’intégrité de la Nation marocaine. C’était un démenti supplémentaire aux allégations d’Intifada qui n’existe que dans l’esprit des propagandistes du Polisario.

La présente négociation est une chance, probablement la dernière qui permettrait au Polisario, si Alger manifeste aussi de la souplesse, d’en finir avec la rigidité qui était pendant plus de trois longues décennies, à l’origine de l’impasse dans laquelle le front a été mis par les choix de sa direction.

L’échec de toutes les tentatives précédentes pour le règlement de ce dossier du Sahara occidental est imputable si non complètement, du moins pour la plus grande partie à la direction du Polisario.

Le Plan Baker I, qui proposait une solution négociée a été rejeté par le Polisario et l’Algérie, alors que le Maroc l’a accepté. Le referendum d’autodétermination accepté par le Maroc a été impossible à organiser de l’aveu même de l’instance onusienne. C’est ce qui a poussé cette dernière à demander aux parties à se mettre autour de la table de négociation pour un règlement politique sur la base de propositions concrètes.


C’est ce qui a, entre autres, de préparer, notamment à travers le Corcas et la majorité des Sahraouis qu’il représente, le plan d’autonomie préparé et présenté aux Nations Unies.

Le Conseil de sécurité a d’ailleurs salué dans sa résolution 1754 ce plan en «Prenant note de la proposition marocaine présentée le 11 avril 2007 au Secrétaire général et se félicitant des efforts sérieux et crédibles faits par le Maroc pour aller de l’avant vers un règlement ».

C’est donc en se débarrassant des vieux réflexes qui ont marqué la constitution du Polisario à savoir un fort tiraillement idéologique et un antagonisme fort qui traduit au niveau régional de la bipolarisation de la guerre froide, que le Polisario pourra de manière constructive contribuer au règlement de ce dossier qui n’a que trop duré.

L’absence d’une telle révision idéologique et même sémantique ne mènera qu’au maintien de la situation d’impasse. Et cette dernière n’est pas favorable au Polisario, car elle ne fera qu’accélérer encore plus le processus de décomposition d’une idéologie et d’une structure d’un autre âge, avec bien sur le lot de souffrance pour ce qui reste des populations sahraouies à Tindouf.

Quand à l’intégrité territoriale, c’est pour tous les Marocains, y compris les Sahraouis, le principe qui ne peut être ni négociable ni l’objet d’une quelconque concession. Et cela n’est mesurable ni à la richesse ou non du sous sol, ni à la situation sociale ou économique.