La première réunion de Manhasset avait essentiellement, comme objectif de briser la glace et de permettre aux protagonistes du dossier du Sahara occidental de reprendre un dialogue interrompu depuis de longues années.
Cette rencontre a été concluante à plusieurs égards. Le plus apparent et le plus saillant est que le dialogue a été effectivement renoué. Le principal objectif est atteint dans la mesure où c’est la première fois que les protagonistes du dossier du Sahara occidental vont jusqu’au bout de la réunion directe sans clash, ni rupture et plus encore, conviennent entre eux d’une prochaine rencontre, celle prévue pour la deuxième semaine du mois d’août.
Ce franc succès n’est pas du au hasard. Il a été préparé et garanti par la souplesse et la volonté affirmée, dont a fait preuve le Royaume du Maroc, de sortir cette partie de la population sahraouie qui se trouve dans les camps de Tindouf, de l’impasse qui dure depuis plus de 30 ans.
Et cette volonté s’est manifesté à travers le plan d’autonomie que les Sahraouis, en tout cas plus des deux tiers d’entre eux qui sont favorable à l’intégrité territoriale de leur pays le Maroc, ont préparé à travers leurs représentants au Corcas (voir : www.corcas.com ).
Le second résultat positif et, c’est probablement le plus important pour la suite des opérations, c’est la clarification qu’apporte la participation des représentants des Sahraouis souverainistes, en l’occurrence les Sahraouis favorables à l’intégrité de leur pays le Royaume du Maroc, à la négociation.
Cette participation lève une partie de l’ambiguïté qui recouvrait le dossier du Sahara occidental et qui est, en réalité à l’origine des grandes difficultés que rencontre la recherche de solution. Le décor planté pour matérialiser le problème était quelque peu réducteur.
Les protagonistes de ce dossier ne sont pas simplement le Maroc en tant qu’Etat et le Polisario en tant que représentant des Sahraouis. Cela ne traduit aucunement la réalité. D’abord sur la question de la représentativité le Polisario et surtout sa direction est très loin de représenter la volonté des populations du Sahara occidental, puisqu’il y a d’autres représentants qui non seulement expriment la volonté des Sahraouis, mais traduisent en termes ultra majoritaires au sein de la population, une volonté d’attachement au Maroc.
Cette partie qui est quand même essentielle, était tout simplement absente, alors qu’elle criarde, dans le paysage. On n’entendait que ceux qui criaient le plus fort. On la noyait dans le tout dont elle fait partie, à savoir le Maroc qui défend son intégrité territoriale.
Pourtant, la situation est beaucoup plus nette quand on connaît et on fait connaître, à ceux que le dossier intéresse, que dans les Sahraouis ne sont pas représenté que par la direction de Mohamed Abdelaziz, avec son langage et son attitude figé à une époque désormais révolue.
Ces Sahraouis se reconnaissent, même, et dans leur majorité écrasante, dans un discours complètement opposé à l’option de l’indépendance du Sahara occidental, que prêche depuis des lustres pour des raisons purement idéologique inhérentes à la défunte bipolarisation du monde, une organisation politico militaire.
Recevoir à la table de discussion les protagonistes, tous les véritables protagonistes de ce dossier a tout de suite ouvert des perspectives nouvelles et très positives à la recherche de solution.
Cela a précisé aussi un peu mieux la problématique. Ce n’est pas une affaire de décolonisation, ni d’occupation. Ce n’est pas non plus une crise qui a des bases économiques ou des enjeux de richesse. C’est tout simplement l’affaire d’un pays, en l’occurrence le Maroc, qui selon un processus établit depuis des décennies, a récupéré une partie de son territoire, après accord avec l’autorité coloniale de l’époque, l’Espagne. Après ce processus mené jusqu’au bout, mené jusqu’au bout, un problème d’ordre politique inhérente au protagonisme entre l’est et l’ouest, est survenu et a petit à petit pris de l’ampleur.
C’est donc la clarification et la gestion transparente du dossier qui ont permis d’assurer une certaine réussite au premier round de négociation de Manhasset. Cette démarche doit être d’autant plus maintenue, que la prochaine rencontre verra débuter les discussions sur le fond du dossier.