La rencontre de Manhasset suscite un constat unanime de satisfaction, abstraction faite des résultats ou plutôt malgré le scepticisme quant à un aboutissement immédiat à une solution pour le dossier du Sahara occidental.
La rencontre on la doit à la résolution 1754 du Conseil de sécurité, qui a appelé les parties à négocier sans préalables. Et cette résolution a été rendue possible dans une très grande mesure par le plan marocain d’autonomie, dont le projet a été formulé après la mise en place du Corcas par Sa Majesté le Roi Mohammed VI. C’est donc à la redynamisation par le Maroc de ce dossier, que l’on doit en faite la relance du dossier du Sahara occidental.
Paradoxe ultime, puisque les autres parties concernées, Le Polisario et Alger semblaient pendant toutes ces années se satisfaire de la situation du statut quo, voir même de l’impasse dans la quelle s’est enlisé le dossier, se limitant à un répétitif jargon de circonstance sur le « colonialisme marocain », des activités virtuelles d’une Rasd (République arabe sahraoui démocratique) qui l’est tout autant.
Et tout cela s’est poursuivi pendant plus de 30 ans grâce à une aide internationale qui en grande partie, sert à donner à la direction du Front Polisario les moyens de maintenir l’impasse dans la quelle se trouvent les populations des camps de Tindouf.
En quelque sorte ce sont ceux qui payent qui ont envie que cela se termine. Le Royaume du Maroc paye sur deux plans. Une partie de sa population sahraouie, moins du 1/3 certes, mais c’est ce 1/3 de trop, est coincé dans le no man’s land dans un dénuement total et des souffrances très grande dans une région des plus hostiles du Sahel.
Le Royaume paye aussi en terme de défense de son intégrité territoriale à travers les forces de sécurité et de défense alignées aux frontières sud. Mais ce n’est pas ce coût qui fera faire des concessions sur le principe essentiel de son intégrité territoriale, au Maroc.
La communauté internationale, elle aussi, paye le prix fort et improductif, dans un dossier stérile, un argent que la collectivité internationale aurait pu plus utilement utiliser dans des régions dans un monde aux tragédies nombreuses.
Les populations sahraouies des camps de Tindouf veulent rentrer chez elles au Sahara occidental. C’est, en réalité cela qui est le plus d’actualité et qui fonde, aussi l’urgence d’un règlement.
Car, si ce dossier du Sahara occidental est dans l’impasse, c’est au fait par rapport aux conditions de vie des populations des camps, à l’épuisement de toutes les promesses que faisait miroiter la direction du Polisario, qui est inchangée depuis plus de 30 ans.
Ces promesses qui sont aujourd’hui au mieux dans les livres d’histoire et dans le pire des cas dans les oubliettes de la même histoire, ont pour nom la République arabe sahraoui et démocratique, RASD, ou la série de confusions qui ont contribué à mettre en panne pendant longtemps l’action en faveur du règlement politique concerté, tel que l’idée jusqu’au-boutiste de l’indépendance ou rien, par exemple.
L’initiative marocaine pour la négociation d’un statut d’autonomie au Sahara occidental a la vertu de permettre de relancer la machine diplomatique de la négociation en répondant ou plutôt en dépassant tout en respectant les principes fondateurs de la légalité internationale, ces entraves.
Le premier des résultats de l’initiative marocaine est la résolution 1754, du Conseil de sécurité. Et le premier bénéfice est cette occasion offerte à la discussion et à l’échange de points de vue entre Sahraouis favorables à l’intégrité de leur pays le Maroc, représentés par le Corcas (voir : www.corcas.com ) et leurs concitoyens de la direction du Polisario, dans le cadre de la négociation que le Royaume du Maroc et le Front, ainsi que les deux pays limitrophes et néanmoins concernés, l’Algérie et la Mauritanie ont entrepris pendant deux jours à Manhasset.
La réunion des 18 et 19 juin a été positive, même si pendant les semaines qui l’ont précédé la machine de propagande ne s’est pas arrêtée. La direction du Polisario a tenté d’exploiter les incidents qui ont eu lieu dans certaines université en parlant d’ « Intifada sahraoui », en mettant en avant comme étant des étudiant sahraouis en soulèvement les quelques activistes que le Polisario compte au Maroc.
Ni la contestation de la participation des authentiques représentants des Sahraouis, ni la faible agitation des rares activistes professionnels du Polisario n’ont pu mettre en échec l’application de la résolution du Conseil de sécurité. Et les protagonistes du dossier du Sahara occidental se sont donc retrouvés pour négocier à New York.
Cette rencontre sur l’échec de laquelle certains pariaient beaucoup a été un succès. La preuve de cette réussite est le fait que cette réunion a été menée jusqu’au bout, mais, aussi au fait que les participants se sont donné rendez-vous pour le mois d’août prochain.
Ce prochain rendez-vous est la preuve que l’appétit venant an mangeant, la culture de la discussion et du dialogue elle aussi, se construit avec le temps. Donc plus on se rencontrera, plus les conditions du dialogue et de la négociation s’amélioreront. C’est la stratégie qui semble mise en application à propos du dossier du Sahara occidental et c’est tant mieux.
Mais cette dynamique des retrouvailles et de l’initiation au dialogue, en particulier pour la direction du Polisario, doit s’accompagner d’effort imaginatif pour permettre une progression sur les solutions et le règlement de l’affaire. En la matière, le débat sur le plan d’autonomie marocain doit être entamé.