lundi 21 mai 2007

Sahara occidental: l'autonomie une option retenue par la communauté internationale

La résolution du Conseil de sécurité numéro 1754, relative au Sahara occidental, a fait coulé beaucoup d’encre. En fonction du positionnement des uns et des autres, soit en faveur de l’intégrité territoriale du Royaume du Maroc, soit favorable aux thèses séparatistes du Front Polisario, chacun a vu uniquement les points qu’il a bien voulu choisir dans le texte onusien.La réalité est que cette fameuse résolution doit même en exprimant une position, garder dans le choix de son vocabulaire et dans l’expression du message qui doit être adresser et surtout à destination des principaux concernés un ton mesuré et diplomatique. C’est le ba-ba des résolutions des Nations Unies. C’est pour cela que l’effet des résolutions se mesure aux termes utilisé, les faits mis en évidence et surtout à l’attitude adoptée par chacun des protagonistes du sujet concerné, en l’occurrence, ici le Sahara occidental.A cet égard il y a effectivement, pour qui veut lire entre les lignes de l’équilibrisme diplomatique onusien, des informations importantes, qui démontre que le ton diplomatique n’empêche pas la clarté du message. La proposition ou plutôt l’initiative marocaine a reçu quand même un traitement particulier et un hommage appuyé. C’est ce que le Polisario et Alger voulaient éviter, en présentant à la dernière minute un document qui prétend au statut de contre-proposition. Et de ce point de vue là, l’objectif du Polisario est plutôt raté. La preuve en est l’attitude que les représentants d’Alger et de l’Afrique du sud ont adopté durant la semaine qui a précédé l’adoption de la résolution. Ces représentants ont bloqué l’adoption de cette résolution en protestant justement du déséquilibre qu’elle induit en rendant un hommage appuyé au projet d’autonomie marocain, en faisant l’impasse sur la copie du Polisario. L’Afrique du sud membre non permanent du Conseil de sécurité a finalement été obligé de se rendre à l’évidence, la majorité des membres y compris la plupart des membres permanents, à l’exception notable de la Russie, n’étaient pas près à rendre complètement neutre cette résolution sur un dossier qui concerne, il faut bien le dire, un conflit résiduel de la défunte guerre froide, et qui est plus un casse-tête que complique le jusqu’au-boutisme de certains de ses protagonistes, en l’occurrence Alger qu’un véritable conflit de l’intensité de ce qu’on voit s’enliser actuellement dans plusieurs régions de la planète. L’importance de cette résolution 1754 vient aussi du fait qu’en règle générale celui qui entreprend des actions pour redynamiser la résolution d’un dossier qui n’a que trop duré, bénéficie généralement des faveurs des instances onusiennes s’il mène une campagne efficace en faveur de sa cause. De ce point de vue là, le Royaume du Maroc a préparé son initiative sur la durée ce qui en souligne le caractère sérieux. Elle est aussi, une étape dans un processus global de réformes démocratiques et institutionnel au Maroc. Et cerise sur le gâteau, le projet a été préparé par les premiers concernés par ce dossier, en l’occurrence les Sahraouis favorables à l’intégrité du Maroc (plus des 2/3 des populations du Sahara occidental) , qui à travers leurs représentants au Corcas (www.corcas.com) ont débattu pendant des mois du projet et en ont préparé le texte qui a été adopté par le Roi.Au-delà des polémiques stériles sur d’une comptabilité absurdes des mots de la résolution onusienne, et abstraction faite de la surenchère autour du sens de l’autodétermination, c’est cette nouvelle dynamique qui compte le plus. Et le résultat qui en découle est important aussi : la négociation que doivent entamer les parties sans conditions préalables. Cette dernière expression extraite de la résolution est aussi importante dans la mesure où elle tourne totalement la page Baker et même l’impossible referendum d’autodétermination fondé sur l’identification. C’est donc la négociation et l’autonomie qui sont aujourd’hui d’actualité.